J’ai découvert Noomi Rapace (comme bon nombre de français je pense) dans la trilogie Millenium deDaniel Alfredson. Elle y interprète le rôle de la hackeuse gothique Lisbeth Salander et, dès les premières minutes, son visage volontaire et son charisme sombre ont accroché mon attention. Tout de suite je me suis demandé : “Mais qui est cette fille ?”
Evidemment, Noomi Rapace n’est pas américaine ; elle est suédoise. Bien loin des Angelina Jolie, Lindsay Lohan et autres Megan Fox botoxée, elle écrase, à grands coups de Docs Martens, les starlettes hollywoodiennes et leurs implants mammaires bonnet E. Née le 28 décembre 1979 sous le nom de Noomi Norén, on ne peut pas dire que l’enfance de l’actrice ait été facile. Son pseudo père (qu’elle n’a pas connu avant l’âge de 15 ans et qui est toujours resté pour elle un fantôme) divorce très vite de sa mère (comédienne de théâtre) et Noomi se voit contrainte de partir vivre au fin fond de l’Islande — qu’elle déteste — avec sa mère et son beau-père. A 14 ans, elle envoie tout balader et choisit la voie de la marginalité. Elle quitte l’Islande pour voir du pays (le Danemark, la Suède notamment), bouillonnant de rage contre son pays, les institutions et sa famille (“d’alcooliques et de cinglés” comme elle dit).
A l’adolescence, Noomi, habillée tout en noir, bardée de piercings et les cheveux décolorés, dit ressembler précisément à Lisbeth Salander.
“Je voulais juste être bourrée tous les jours”, confie-t-elle.
Car oui, Noomi est une vraie de vraie ! Elle en a dans le pantalon et elle sait ce qu’elle veut. Pour le rôle de Lisbeth Salander, par exemple, elle n’a pas hésité à s’infliger un régime draconien (ne mangeant que des protéines et des légumes pendant plusieurs mois), à prendre des cours de boxe thaïlandaise et de kick boxing, à passer son permis moto et à se re-percer elle-même le visage. Respect.
Pour ce qui est de son nom, l’actrice a choisi le pseudonyme de Noomi Rapace après son mariage avec l’acteurOla Rapace en 2001. Elle le conservera, à la fois pour désavouer tout à fait sa famille mais aussi car elle s’identifie volontiers à un oiseau de proie, n’hésitant pas à « foncer toutes griffes dehors vers les menteurs, les lâches et les hypocrites ». Et franchement ce pseudonyme lui va vraiment bien !
NB : pour la petite histoire, Noomi a eu un enfant avec Ola en 2003 (un garçon prénommé Lev) et divorce d’avec l’acteur en 2010.
Noomi est apparue dans de nombreux films, séries télévisées et court-métrages depuis 1997 mais ce n’est qu’en 2007 qu’elle se distingue, dans le film danois Daisy Diamond. Elle y tient le rôle d’une jeune fille, Anna, s’efforçant de concilier tant bien que mal son rôle de mère célibataire avec son rêve secret : devenir actrice. Ce film sombre et dérangeant aborde de nombreux thèmes bouleversants comme la fatigue émotionnelle des mamans, la solitude, la dépression, la recherche éperdue de la reconnaissance et le sexe sans amour. Je vous le conseille vivement.
Depuis Millenium, Noomi a notamment joué dans le thriller Babycall (pour lequel elle a reçu le prix d’interprétation féminine du festival de Rome en 2011), Sherlock Holmes : Jeu d’ombres de Guy Ritchie et dans Prometheus de Ridley Scott.
Pour ma part, je vais voir Babycall demain (le film passe encore dans quelques cinémas de la capitale) et j’ai vraiment hâte
En 2013, Noomi sera à l’affiche de Passion de Brian De Palma dont voici la première photo officielle :
“La violence que je mets dans mes personnages ne vient pas seulement de mon adolescence. C’est une colère qui bout en moi depuis toujours. Elle peut être destructrice ou constructive. La comédie me permet en tout cas de la canaliser.” Noomi Rapace